14 avril 2008
Tag Tag Tag Nabaztag !!
Quelques années après qu'on m'en ait parlé, je me décide enfin à me faire tagger. Problème : je n'ai aucun canevas de départ. Solution : mon doglover préféré m'explique, avec la patience qui le caractérise, qu'il s'agit, je cite, de "raconter 6 bizzareries sur soi même ...manies , tics , superstitions". Et d'ajouter, rassurant : "ce sera vite torché avec toi ".
Bon, ben..
1. quand je parle au téléphone et que je suis chez moi, je fais les cent pas dans la pièce en faisant bien attention à marcher dans un carreau sur deux. Essentiel à ma concentration.
2. je continue à acheter des jeans taille basse même si je déteste avoir les fesses à l'air et que étant en plein régime amincissant, je devrais attendre de me stabiliser côté poids avant de faire chauffer la CB. Pourtant, les narines gonflées par l'espoir, je persiste à croire qu'un jour, je le trouverai, ce jean qui tiendra sur mes hanches. Problème : je n'en ai pas. De hanches, s'entend.
3. les deux taches bleues sur les doigts de ma main gauche ne sont pas une malformation congénitale mais la conséquence du fait que la façon merdique dont j'écris me pousse à repasser avec ma main sur l'encre fraîche. Ma vie est, toutefois, un peu moins infernale depuis que j'ai rompu avec mon dernier stylo à plumes. Je l'aimais, pourtant.. Kan msouwwer fih Garfield.
4. je n'ai pas de limites dans ma tête au nombre d'animaux que ma maison peut accueillir. Par conséquent, je continue de m'arrêter à chaque fois qu'un type vend des chiots sur la route. Je soupire, je constate avec effroi que la boule de poils is not even legal age, m'emporte intérieurement contre la torture que font subir ces types à l'équivalent canin de nourrissons, puis demande le prix. Jusque là je n'ai pas encore sauté le pas, mais je me réjouis intérieurement à la perspective de rentrer de mon appart après une garde pour le trouver transformé en bac à sable géant. Sans compter que secrètement, je rêve d'un pitbull (voir www.spbr.org). Et que si mes chats lisent ce post, ils risquent de demander le divorce.
5. le vendeur de dvd dans ma rue persiste à me fourguer des films qui coincent dix minutes avant la fin (j'en suis au 24ème, et le seul que j'ai pu voir jusqu'au bout, c'est le dernier James Bond). Je persiste à me fournir chez lui et à lui dire bonjour le plus gentiment du monde.
6. je suis obsessionnelle, stressée, et je ne sais pas me mettre du crayon sur les yeux par peur d'en perdre un.
PS à mes chats : je consulte aussi marocannonces.com rubrique animaux..
PPS : je consulte quotidiennement dlisted.com
PPPS : la personne qui m'a envoyé ce tag a ouvert la boîte de Pandore.. Can't stop writing !!
02 mars 2008
Strange Days
I was walking to work, the other day, for the first time in months. I had finally managed to get early enough not to have to run behind a cab at 7.55 am, but to soak up the sun instead during 20 precious minutes, the last ones before the awakening of the city's cars.
So here I was, a few meters away from the hospital's entrance, when I noticed some feces on the ground. I knew it wasn't some neighborhood dog who left that on his own morning walk. I knew it was one of the humans who lived on the surroundings. The ones who were too weak to defend themselves on the street, and resorted to sleep near the emergency's entrance, where there was always 2 or 3 guys (security, male nurses, police officers) who could hear a cry for help. The one who slept under the manicured trees in blankets darkened by dirt. The old men, and the women.
It reminded me of the last time I freaked out while working. I was on night call, and that young beautiful woman stormed into the examination room while I was already busy with a patient. She came to the desk, bluntly put the card she'd been given at the ER entrance on the table, and panickedly told me that she had stomach pain. I told her I was already seeing a patient and that she must wait for her turn (while mentally cursing the absent nurse who was supposed to kinda organize it all..), upon which she looked surprised and went out, only to come back in as soon as I finished writing my prescription.
She was dressed in a jellaba, hair untied, and my first impression of her was that of strangeness. I supposed she was just worried of her symptoms, but as she looked surprised again when I told her to get on the bed to examine her, and generally looked lost, I began to sense there was more to it. She had 2 rings on the same finger, and I figured out she must be married, to which she answered yes. She was reluctant to undress, and when I got to examine her, I found a round mass on the pelvis. She had absolutely no stomach pain. I asked her when she last had her period, and she said : "Four months". I told her if she thought she might be pregnant, and the absent look in her eyes just struck me as she had never linked the absence of her period with a possible pregnancy. I didn't really understand either why no one was with her, as young spouses rarely go out to the ER in the middle of the night without at least one family member (causing major overcrowding in the waiting room, by the way), and mechanically wrote her a letter for the gyn-ob specialist on duty that night.
A few minutes later, with her gone, I was asking the nurse who had finally come back, and she said : "Oh, that woman ?She's been sleeping around the hospital for two years now".
16 février 2008
La Passion selon Sun Li
Ca a toujours été pour moi une évidence. Le genre de choses qui font tellement partie de moi que je ne les remets pas en question. Ce qui fait que quand je rencontre une blatte sur le chemin de la cuisine, je ne l'écrase pas mais lui organise un cordon sanitaire pour l'évacuer vers la fenêtre la plus proche sans trop la stresser. Ou que j'ai l'utérus qui se tord dès que j'entend un chaton perdu miauler de faim.
C'est le genre de choses tellement viscérales que les gens les plus proches de moi ont dû s'y faire. Le genre de choses qui ont fait que ma mère, qui me gâtait un peu trop, s'est vu demander "C'est pour la belle-mère ou la belle-soeur ?" par l3ettar, alors qu'elle s'enquérait de la présence d'hérissons vivants à vendre. C'était à ma demande, moi qui, après avoir successivement peuplé la cour de notre appartement de quelques poussins, une tortue, et deux lapins, avait demandé l'affection d'un hérisson...
Le genre de choses aussi qui ont fait que mes parents ont dû successivement supporter Wolf, un bon gros chien qui adorait jouer avec des canettes de bière vides (pas de Coca) lors de sa sortie quotidienne au terrain vague d'â côté, puis Filou, un caniche au coeur tendre, mangeur de lacets, qui ne bougeait pas de ma chambre si je n'étais pas à la maison, Noiraud, un chat ayant sauté spontanément dans la voiture de maman, parquée devant un supermarché et qui se servait tout seul à déjeuner en faisant basculer son paquet de croquettes, Makia, une chatte qui était venue accoucher de 3 paires de chatons jumeaux après que Wolf soit parti et avait un don particulier pour effectuer des raids sur les barbecues des voisins, et enfin, Daisy, une épagneule japonaise que je ne lâchais pas d'un coussinet et qui ne se sentait véritablement à l'aise pour se soulager que sur le tapis haute laine blanc du salon, avec mon assentiment bienveillant. Dire que mes parents avaient du mal à gérer tout ça serait une litote...
Puis, après que Daisy soit morte, nous sommes restés longtemps entre humains. Maman a bien tenté une timide introduction de poissons rouges, inquiète qu'elle était devant mes soupirs et ma mine nostalgique dès que je voyais un chien. Mais ils faut croire que nous n'étions pas particulièrement doués pour nous en occuper, et, inquiets pour la santé de l'un d'entre eux qui ne nageait plus que perpendiculairement à la surface de l'eau, nous les avons vite rendus au vendeur qui, nous étions nous dit, ne pourrait pas les traiter pire que nous.
Puis, une après-midi, mon père est rentré à la maison avec un chiot dodu et placide, auquel s'est ajouté quelques mois plus tard un Pinscher nain au tempérament de diva. Ce duo improbable a revu l'organisation de notre jardin, régulé les entrées de chats sur la surface gazonnée, et monitoré la fréquence des passages près de notre clôture avec un entrain touchant et un concert heureusement discontinu d'aboiements. Ils m'ont aussi offert de passionantes courses poursuites à leur trousse, inquiète que j'étais du devenir du caniche des voisins, qu'ils chassaient avec autant d'entrain que des chiens anglais après un renard. Le cerveau de la bande (qui était aussi le plus petit et le dernier arrivé) s'assurait aussi que personne, humains ou animaux, ne s'approchait de trop près de moi, et prévenait tout geste potentiellement à risque, câlins compris, par un poinçonnage de la cheville de mon malheureux vis-à-vis. Il a aussi passé de longues heures à mes côtés, à me soutenir moralement par de discrets ronflements lorsque je préparais des examens qui semblaient ne pas vouloir finir.
Puis j'ai quitté la maison de mes parents, et ai dû leur laisser Laurel et Hardy (leur nom de scène) avec une bonne dose de culpabilité. Ce sont maintenant Les Filles qui partagent ma vie. J'ai trouvé la première sur les marches de la maternité, petite boule de poils tricolore, et la deuxième est venue quelques semaines après. J'ai eu beau chercher, sonder mes amis, les regarder elles avec intensité à la recherche d'une inspiration, je ne leur ai toujours pas trouvé de nom qui me satisfasse. Heureusement, elles sont accommodantes, le bruit d'un pochon de nourriture en train de s'ouvrir étant suffisant pour attirer leur attention, souvent monopolisée par le manège des grues du chantier voisin.
Je n'ai jamais pris le temps ni senti le besoin de me demander ce qui me rendait l'amour des animaux si évident, mais, l'autre jour, une phrase lue m'a offert un début de piste. Je ne me rappelle plus exactement de la formule, ça expliquait qu'on pouvait parfaitement passer un excellent moment, assis avec son chien, sans avoir à échanger un mot. C'est tellement vrai.
23 septembre 2007
Petite lettre d'excuses préalables..
.. à ce blog, et aux lecteurs qui échouent sur ses rivages pour y être accueillis, depuis presque 3 mois maintenant, par deux raies mantas qui semblent vouloir changer de milieu de vie ("Marre de l'océan ! Et en plus, l'eau salée, c'est super irritant pour la peau, quoi !").
Je m'excuse parce que je compte recommencer à y déverser le produit de mon imagination mêlé de quelques impressions recueillies au gré de mes pérégrinations dans ma laife.. (je ne maîtrise toujours pas l'utilisation du i tréma, sorry)
Voilà :)
20 juin 2007
This is for you
12 juin 2007
3chiri Konèkcheune, Episode 2
Je me suis toujours dit que la pire réincarnation, en matière de carrière, c'est agent de sécurité aux portes d'un hôpital au Maroc. De mon point de vue, c'est le summum de l'injustice. Résumons la situation. Tu as des journées de 8 heures, avec un périmètre d'action très limité (devant la porte, avec éventuellement une chaise à 2 mètres pour t'éviter des varices précoces), une tenue sombre de préférence, afin d'attirer plus efficacement les rayons du soleil et d'accélérer ainsi ta cuisson, et, si tu es allergique aux poils de chien, un berger allemand en pleine mue.
Tout ceci serait parfaitement supportable si tu n'avais pas affaire à la population la plus vindicative qui soit : les Visiteurs. Ce ne sont pas des extraterrestres amateurs de rongeurs vivants. C'est bien pire que cela. Ce sont des gens qui, placés à une certaine distance de l'hôpital, sont parfaitement normaux, sans troubles du jugement ni du raisonnement, parfaitement perméables à des explications logiques. Une fois placés dans la zone couverte par les ondes émanant du sbitar, leurs deux hémisphères se déconnectent, et cela se manifeste par des revendications absurdes, des crises de colère, des menaces, des vindictes adressées au ciel pour que le portail auquel tu essaies de donner une raison d'être (horaires de visites, entrée du personnel médical) garde un minimum de dignité.
Exemple concret : ya 2 entrées, une pour les employés de l'hôpital, et ya une plaque en 2 langues pour expliquer ça aux alphabètes.. et une entrée plus grande pour les gens qui viennent rendre visite à leurs parents et amis hospitalisés. Les deux sont séparées par une distance de moins de 5 mètres. Et pourtant, par un mécanisme que je ne m'explique pas, je dois, chaque matin que Dieu fait, expliquer à un attroupement de gens que non, cette entrée n'est pas pour eux, et qu'il n'y a donc pas lieu d'appeler la bénédiction de tous les saints de la côte atlantique sur mes parents afin que je les laisse entrer, et poussez-vous s'il vous plaît pour laisser passer le chef de service de gastro qui va encore me remonter les bretelles parce que selon lui, je ne fais pas correctement mon travail.
Tout ça pour vous dire que, de la même manière qu'un paratonnerre attire la foudre, je concentre l'agressivité et les frustrations cumulées par les malades et leurs familles à l'encontre de notre système de santé.. En plus, ou à défaut de s'en prendre à l'administration, aux médecins, au gérant de la buvette, que sais-je encore.. Ils viennent nous interpeller, et derrière leurs interjections point l'angoisse qu'ils ressentent face à cette structure tentaculaire qu'est l'hôpital. L'hôpital dont j'assure la sikouriti..
21 avril 2007
A fène a l3wacher ?
Ce samedi est le premier samedi depuis septembre où je me lève sans ressentir la nécessité d'ouvrir un livre traitant d'un truc finissant en -logie. J'ai enfin passé le foutu concours qui m'avait servi d'excuse pour rendre ce blog complètement désaffecté. Au passage, comme je m'arrange toujours pour faire un truc atypique, je me suis arrangée pour le passer dans une autre ville que celle où j'avais prévu de le faire (Rabat, calme et tranquille, plus d'arbres que d'habitants au centimètre carré), ce qui fait que maintenant, les urgences du SUC de Morizgo (nom de baptême Ibn Rochd) me sont confiées 12 heures par mois, et un autre service m'accueille le reste du temps. Ne paniquez pas, ne fuyez pas la ville si vous y habitez, je suis encadrée par des professionnels.
Je vais retourner à ma séance de vautrage intensif. Life is good..
05 avril 2007
No title required
I've always been a bit of a late bloomer.. I'm saying this because I've begun to show all the symptoms of a burgeoning crush on Leonardo Di Caprio. So lame. But as I said, given that I'm almost a quarter of a century old, now, the situation is also quite unusual.
I mean, the disease would have normally appeared on girls of my generation (or boys, but that's far less frequent, and even far lesser admitted by the concerned), aged 13 to 13 and 7 months old. It would start with frequent sighing when presented with pictures of their Idol. Then, there would be the necessary rite of going to watch TITANIC on the nearest theater (a titanic flow of female hormons, indeed..). And, on the latest stages of the illness, compulsive buying of every single magazine that would sport him on its pages.
Let's just say I laughed on the final scene of the said movie. I mean, seeing him drown down on the cold sea seemed utterly hilarious to me. It was the cheesiest cheesy scene ever shot, in my opinion. All the drama around that cute face of his disappearing in the depths of the Atlantic Ocean.. Of course, my friends and the two thirty-something ladies that were seated behind us got utterly disgusted once they managed to see my beaming face, through their tears.
But this was 10 years ago. I witnessed Leo go through his "I don't want to be a sex-symbol phase", gain weight, try everything to get rid off all his Titanicness (not to mention the Romeo+Juliet stuff..). I sympathized with his struggle, but from a distance. I mean, I didn't put my heart into it. Poor chap suffered from having a face that satisfied all the requirements of Occidental aesthetics. Too bad for him.
It all ended a few weeks ago, when I saw "The Departed". I initially went for it because it was a Scorsese movie, and the other available option was "Happy Feet" (not that I don't like animated movies.. You can expect me to write soon about a developping interest on penguins once I'll see it). I just sat there for 2 hours, loved every single member of the cast (yes, even Mark Whalberg !), jumped off my seat from time to time (the plot has some interesting surprises under its belt), and changed my mind about that L D C : he was intense, without being a Nespresso, tortured without being pitiful, and, most importantly, he'd lost his baby fat and the blond fringe that made him famous worldwide. It was then only a matter of time before I went back for another fix of my newer addiction.
As soon as I could watch "Blood Diamond", I went for it, and there, again, he was perfectly convincing as a diamond-thirsty smuggler with few scruples. The movie in itself was excellent, because it felt like a behind-the-scenes feature of a newscast. It put faces on tragedies, which was a welcome change from the aseptized version we get on TV. It was violent, and it reflected the truth of what is happening in many African countries. The fact that there is no one to protect you, your family, your belongings, because factions are too busy fighting each others. The fact that human lives get crushed in between. And the fact that this happens because in other countries, people need to have a little "bling on their ring".
Anyways, to end on an airheaded note (my personal trademark), I've got a dilemma to share : should I go for Danny Archer or Billy Costigan ?
26 février 2007
You're the one that I want, you're the one that I want, woof woof woof...
23 décembre 2006
A new beginning ?
Parfois, il suffit d'un déclic. Il me semble que je fonctionne comme ça. Je passe des mois à tâtonner, chercher, hésiter, me fourvoyer, et soudain la solution m'apparaît, évidente, lumineuse (avec une ptite guirlande scintillante et tout). Ceci dans le meilleur des cas bien sûr.
J'ai appris à conduire il y a 6 ans. Ca a nécessité la contribution précieuse d'un moniteur d'auto-école aussi calme que taciturne ("Tourne à droite". "Arrête de freiner sans raison". "Tu aurais pu éviter ce chat, non ?"), qui me motivait par la perspective de traverser tout Rabat pour aller lui prendre un verre de café au lait d'un boui-boui donnant sur la plage de l'Oudaya, verre qui allait partager avec nous le trajet de retour confortablement installé juste derrière le pare-brise et qui semblait ignorer les soubresauts de la route, les dos d'âne et les coups de volant intempestifs que je faisais subir à une petite Fiat désabusée.
Autant j'appréciais ces leçons, et la perspective d'avoir maaa voiture, mes horaires et l'absence d'obligation de partager ma mauvaise humeur du matin avec d'autres passagers, autant le fait de devoir affronter le parc automobile de Rabat-Salé allait devenir un inconvénient majeur pour ma petite personne.. Ayant passé les premières années de ma vie à froncer le nez en un mouvement hautement méprisant à chaque fois que les malheureux dont j'étais la passagère s'emportaient dans des altercations sans le son (vitres obligent) avec les autres conducteurs, j'étais absolument persuadée que je serais un modèle de civisme lorsque mes jambes m'auraient permis d'atteindre la pédale d'accélérateur sans devoir disparaître derrière le volant, croissance inachevée oblige..
Une fois en situation, le permis en poche (rose indien, avec une plastification du plus bel effet..) et les clés de voiture affublées du porte-clé le plus humiliant que j'ai pu trouver pour elles, je me suis découverte un nouveau tempérament à bord de mon petit vaisseau spatial. Vindicative, rancunière ("Attends le prochain stop pour voir, 2412-**/1 !") et donneuse de leçons, le simple fait de démarrer opérait un changement radical de ma personnalité, ou révélait peut-être sa face la plus sombre.. Le pire est que je prenais les choses à coeur, chaque queue de poisson, dépassement par la droite, ou oubli du feu de signal étant devenus des affronts personnels. Les piétons constituaient à présent la horde de mes ennemis héréditaires. Bref, tout trajet dans ce que je considérais être la jungle urbaine m'assurait une sécrétion prolongée d'adrénaline.
Heureusement pour moi, il y a quelques jours, un éclair de lucidité a illuminé le sombre ciel qu'était devenu mon front depuis que j'avais réussi mon premier créneau. J'avais pris ma voiture tôt le matin. L'air était frais, le soleil commençait à se lever, et je roulais tranquillement quand, face au premier écueil de ma journée (un problème d'endormissement du conducteur de devant au feu rouge), je me suis demandée en quoi le fait de le traumatiser par un coup de klaxon retentissant, et des marmonnements dont seul mon habitacle bénéficiait, améliorerait ma journée. Depuis ce jour, j'arbore un sourire de cannabophile (attention, néologisme !) derrière mon volant et mes surrénales m'en remercient :)





