13 août 2005

Sun Li se pique de poésie

venus
Et la mer et l'amour ont l'amour pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orages.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut l'amour pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

                     

Pierre de Marbeuf (1596-1645)

Ce sonnet ( 2 quatrains, 2 tercets) me plaît particulièrement à cause d'une figure de style employée, qui est l'allitération (la répétition d'un même son dans une phrase ou un texte) : elle donne une sorte de rythme au poème, celui du ressac des vagues ? Je n'ai pas trouvé de notice biographique suffisamment étoffée concernant l'auteur, mais le lien propose d'autres poèmes de sa plume.
By the way, en parlant d'amours de vacances (le post s'y prête un peu), remember to keep it light and fresh (i.e. pas de psychodrame à la rentrée ;)

Posté par Sun Li à 10:49 - Commentaires [19] - Permalien [#]


Commentaires sur Sun Li se pique de poésie

    Très beau le poème, j'aime bien et ton explication m'a fait revenir en arrière losqu'on passait notre bac francais
    Très bien le choix!

    Posté par Bsima, 14 août 2005 à 10:38 | | Répondre
  • souvenirs, souvenirs..

    Posté par Sun Li, 14 août 2005 à 12:14 | | Répondre
  • سلام

    سلام
    أتمني أن تكوني بخير
    شكرا لهذا الاختيار الشعري الجميل

    Posté par BLUESMAN, 14 août 2005 à 23:28 | | Répondre
  • la chose des mots

    bonjour Sun Li
    en effet c'est un des meilleurs sonnets baroques de marboeuf dans lequel il associe le thème de l'amour à celui de l'eau...d'où cette impression que tu perçois en ressac de vagues.
    Sinon dans le même genre, avec une vision disons plus "charnelle" de l'amour, laisse moi te présenter ce petit bijou qui montre comment avec deux mots simplement on peut faire une petite merveille de poème.

    Le mot et la chose
    Poème galant de l'Abbé de Latteignant (1697-1779), (sûrement un moine défroqué... )
    auteur du célèbre "J'ai du bon tabac"

    Madame, quel est votre mot
    Et sur le mot et sur la chose ?
    On vous a dit souvent le mot,
    On vous a souvent fait la chose.
    Ainsi, de la chose et du mot
    Pouvez-vous dire quelque chose.
    Et je gagerai que le mot
    Vous plaît beaucoup moins que la chose !

    Pour moi, voici quel est mon mot
    Et sur le mot et sur la chose :
    J'avouerai que j'aime le mot,
    J'avouerai que j'aime la chose :
    Mais, c'est la chose avec le mot
    Et c'est le mot avec la chose ;
    Autrement, la chose et le mot
    A mes yeux seraient peu de chose.

    Je crois même, en faveur du mot,
    Pouvoir ajouter quelque chose,
    Une chose qui donne au mot
    Tout l'avantage sur la chose :
    C'est qu'on peut dire encor le mot
    Alors qu'on ne peut plus la chose...
    Et, si peu que vaille le mot,
    Enfin, c'est toujours quelque chose !...

    De là, je conclus que le mot
    Doit être mis avant la chose,
    Que l'on doit n'ajouter un mot
    Qu'autant que l'on peut quelque chose
    Et que, pour le temps où le mot
    Viendra seul, hélas, sans la chose,
    Il faut se réserver le mot
    Pour se consoler de la chose !

    Pour vous, je crois qu'avec le mot
    Vous voyez toujours autre chose :
    Vous dites si gaiement le mot,
    Vous méritez si bien la chose,
    Que, pour vous, la chose et le mot
    Doivent être la même chose...
    Et, vous n'avez pas dit le mot,
    Qu'on est déjà prêt à la chose.

    Mais, quand je vous dis que le mot
    Vaut pour moi bien plus que la chose
    Vous devez me croire, à ce mot,
    Bien peu connaisseur en la chose
    Eh bien, voici mon demier mot
    Et sur le mot et sur la chose :
    Madame, passez-moi le mot...
    Et je vous passerai la chose !



    kb...pour le mot et la chose

    Posté par kb, 16 août 2005 à 10:36 | | Répondre
  • nota bene

    désolé j'ai charcuté le nom de marbeuf...sans doute l'effet "boeuf" qu'il me fait

    kb...pas vache

    Posté par kb, 16 août 2005 à 11:38 | | Répondre
  • y aurait-il un sens caché à "J'ai du bon tabac" ? A creuser ..

    Posté par Sun Li, 16 août 2005 à 21:10 | | Répondre
  • Salam

    Bo poème et riche explication, merci j'ai appris des choses
    Je découvre ton jolie blog et t'invite chez moi ,
    Bon courage pour la suite

    Posté par LI, 19 août 2005 à 17:08 | | Répondre
  • merci pour l'invit', ms quelle est l'adresse de ton blog ?

    Posté par Sun Li, 19 août 2005 à 21:18 | | Répondre
  • Salut !

    La mer et l'amour !! mes deux sujets préférés !
    Merci pour ce beau poème.
    A la prochaine !

    Posté par Mouna, 25 août 2005 à 11:52 | | Répondre
  • c'est sûr que combiner les deux, c'est se rapprocher du paradis..

    Posté par Sun Li, 25 août 2005 à 14:06 | | Répondre
  • Hasard

    Comme par hasard, y a pas plus de deux semaines que j'ai envoyé ce m^me poème à Cha...

    Take care!!

    Posté par Superfly, 26 août 2005 à 18:05 | | Répondre
  • noooooooon sympa !!!

    Posté par Sun Li, 27 août 2005 à 00:31 | | Répondre
  • très joli poème.. j te rejoins pr le rythme, ça donne l'impression d'être berçé par les vagues..

    le premier quatrain m'aura rappelé un peu le poème de Baudelaire..

    " Homme libre, toujours tu chériras la mer!
    La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
    Dans le déroulement infini de sa lame
    Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

    Tu te plais a plonger au sein de ton image;
    Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
    Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
    Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.."


    comme koi la mer ça ne peut qu'inspirer

    Posté par Lemrina, 28 août 2005 à 10:34 | | Répondre
  • oh oui

    Posté par Sun Li, 28 août 2005 à 14:55 | | Répondre
  • Et l'amour et la mer

    Salut,
    Qu'est ce que je peux dire d'autres à côté de tous ces commentaires. J'aime ce poème, et je le partage. Comme ce que tu as fais. En fait, quand je l'ai découvert, j'ai eu comme l'impression que tous histoires d'amour et calquer sur ce poèmes et c vrai. Merci pour ce remembering

    Posté par diwa, 15 septembre 2005 à 10:36 | | Répondre
  • you're welcome

    Posté par Sun Li, 15 septembre 2005 à 11:28 | | Répondre
  • Poème

    ben comme t'es piquée de poésie je te fais l'honneur de te poster mon dernier né, c'est une ode à la première de mes trois sources d'inspiration (ou idéaux), ça s'appelle "Fortunes":

    Laughing dry tears, for our light he stole
    Hailing bright fears, for his sight we shawl
    Many a man, many a child, many a soul
    To his greatness, many a queen have bowed
    To him who tried,
    To him who flied,
    To him who died,
    The fortunes have favoured the bold...

    Voilà c fait à toi de deviner de qui ça parle??
    Le dernier vers est inspiré, pour ne pas dire copié de la fameuse quotation de Virgil "Fortune favours the bold".

    So be bold, you may get fortuned

    Posté par Superfly, 04 octobre 2005 à 03:06 | | Répondre
  • Sun Li sèche...
    I don't have a precise idea about what the poem refers to however, I'm dying to know
    As far as boldness is concerned, I'll keep your advice Let's hope things will get funny, if not lucky :p

    Posté par Sun Li, 04 octobre 2005 à 22:27 | | Répondre
  • Poème meaning

    Ok SunLi, it's all about Alexander, je l'explique:

    Laughing dry tears: Alexandre rêvait d'être chef, il le fut au moment où il l'attendait le moins quand son père Philippe II fut assassiné. Il est donc fier et triste à la fois.

    for our light he stole: par light je désigne la philosophie et culture grecque selon Aristote, Alexandre était disciple de ce dernier. Aristotle enseignait l'art de s'élever et être meilleur. Pour cette cause Alexandre a pillé des villes.

    Hailing bright fears: par bright fears je décrit l'hellénisme, encore étrangère aux barbares (ceux qui ne sont grecques)

    for his sight we shawl: les troupes suivaient Alexandre pour ses visions d'un monde meilleur et unifié sous l'emblème des divinités post-titanesques.

    Many a man, many a child, many a soul: c'est assez clair... sont tous en enfer

    To his greatness, many a queen have bowed: je dis Queen car la plupart des rois confrontés mourraient dans les batailles. Stateira, fille de Darius III s'inclina devant Alexandre, elle fut traitée comme un member de sa famille.

    To him who tried, il disait toujours: Nothing is impossible, to him who will try en achéen bien sur

    To him who flied, il a voyagé quoi…

    To him who died, ben comme Achilles il a choisi de faire la star, donc il meurt jeune

    The fortunes have favoured the bold... demande à Virgil.

    Posté par Superfly, 05 octobre 2005 à 19:17 | | Répondre
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