12 juin 2007

3chiri Konèkcheune, Episode 2

Je me suis toujours dit que la pire réincarnation, en matière de carrière, c'est agent de sécurité aux portes d'un hôpital au Maroc. De mon point de vue, c'est le summum de l'injustice. Résumons la situation. Tu as des journées de 8 heures, avec un périmètre d'action très limité (devant la porte, avec éventuellement une chaise à 2 mètres pour t'éviter des varices précoces), une tenue sombre de préférence, afin d'attirer plus efficacement les rayons du soleil et d'accélérer ainsi ta cuisson, et, si tu es allergique aux poils de chien, un berger allemand en pleine mue.
Tout ceci serait parfaitement supportable si tu n'avais pas affaire à la population la plus vindicative qui soit : les Visiteurs. Ce ne sont pas des extraterrestres amateurs de rongeurs vivants. C'est bien pire que cela. Ce sont des gens qui, placés à une certaine distance de l'hôpital, sont parfaitement normaux, sans troubles du jugement ni du raisonnement, parfaitement perméables à des explications logiques. Une fois placés dans la zone couverte par les ondes émanant du sbitar, leurs deux hémisphères se déconnectent, et cela se manifeste par des revendications absurdes, des crises de colère, des menaces, des vindictes adressées au ciel pour que le portail auquel tu essaies de donner une raison d'être (horaires de visites, entrée du personnel médical) garde un minimum de dignité.
Exemple concret : ya 2 entrées, une pour les employés de l'hôpital, et ya une plaque en 2 langues pour expliquer ça aux alphabètes.. et une entrée plus grande pour les gens qui viennent rendre visite à leurs parents et amis hospitalisés. Les deux sont séparées par une distance de moins de 5 mètres. Et pourtant, par un mécanisme que je ne m'explique pas, je dois, chaque matin que Dieu fait, expliquer à un attroupement de gens que non, cette entrée n'est pas pour eux, et qu'il n'y a donc pas lieu d'appeler la bénédiction de tous les saints de la côte atlantique sur mes parents afin que je les laisse entrer, et poussez-vous s'il vous plaît pour laisser passer le chef de service de gastro qui va encore me remonter les bretelles parce que selon lui, je ne fais pas correctement mon travail.

Tout ça pour vous dire que, de la même manière qu'un paratonnerre  attire la foudre, je concentre l'agressivité et les frustrations cumulées par les malades et leurs familles à l'encontre de notre système de santé.. En plus, ou à défaut de s'en prendre à l'administration, aux médecins, au gérant de la buvette, que sais-je encore.. Ils viennent nous interpeller, et derrière leurs interjections point l'angoisse qu'ils ressentent face à cette structure tentaculaire qu'est l'hôpital. L'hôpital dont j'assure la sikouriti..

Posté par Sun Li à 21:27 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur 3chiri Konèkcheune, Episode 2

    moi je veux l'épisode sur le personnage interne sexy et trop adorable pour cet environnement junglesque

    Posté par Naj, 19 juin 2007 à 14:13 | | Répondre
  • Que n'écris-tu pas plus souvent!
    Mwah

    Posté par Loula, 21 juin 2007 à 23:27 | | Répondre
  • "a lallaaa.. a lalaaa.. machi menhena..
    3eytoulin a 3la la sikouriti "
    c vrai k ca doit être l'un des pir boulots k l'Homme est pu concevoir!
    g assisté dans l'une d mes gardes o BP a une CH collective security/patients ..
    .. ils se sont pris la raclée d leur vie par des femmes ki n'hesitaient pas à extérioriser leur angoisse par coups de shoes à l'aveugle..
    c t vraimnt "Xena le retour!"

    see ya chica!

    Posté par lemrina, 04 août 2007 à 10:50 | | Répondre
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